Non, les évangéliques s'efforcent de revenir aux sources de l'Évangile originel et de le mettre en pratique. Ils pourraient faire leurs ces mots de Martin Luther il y a cinq siècles : « Nous n'enseignons pas des choses nouvelles, mais nous répétons et réaffirmons les vérités anciennes, celles que les apôtres et les docteurs pieux ont enseignées avant nous. » Les évangéliques n’ont pas d’autre ambition que de s’attacher pleinement à l’enseignement de Jésus-Christ.
Quelle est cette foi « ancienne ».....
Quelle est cette foi "ancienne" qui apparait comme une "nouveauté" venue d'ailleurs et qui éveille des soupçons ?
La foi évangélique se résume par trois caractéristiques essentielles :
- Un profond attachement à la Bible. Elle est la Parole de Dieu. Elle représente l’autorité pour toutes les questions relatives à la vie.
- C’est par une conversion personnelle et délibérée à Jésus-Christ que l’on devient véritablement chrétien. C’est l’idée d’une « nouvelle naissance » par un acte de foi libre.
- Chaque évangélique entend répandre l’Evangile autour de lui. Avoir l’occasion de connaître le message de l’Évangile afin de pouvoir choisir ou non le salut offert par Jésus-Christ devrait faire partie des droits fondamentaux, quelle que soit la nationalité, la culture ou la religion d’origine.
S’ajoutent d’autres éléments importants : la place centrale attribuée à la mort de Jésus-Christ sur la croix et à sa résurrection, la ferveur de la spiritualité, la conscience universelle. Les évangéliques partagent un sentiment d’appartenance commun entre les membres des différentes Églises évangéliques. Tous se définissent comme chrétiens au-delà leur Église locale, des différentes étiquettes ou dénominations.
Les évangéliques font-ils partie du protestantisme ?
Oui, les évangéliques adhèrent pleinement aux principes théologiques de la Réforme protestante du 16e siècle. Aujourd’hui ils restent fidèles à ses principes : la foi seule, la grâce seule, la Bible seule. Aussi maintiennent-ils une distance critique vis-à-vis de toute hiérarchie ecclésiastique ou médiation humaine qui s’interposerait et limiterait l’accès direct du croyant à Dieu ou qui tenterait d’altérer l’autorité de la Bible. Si la plupart des églises évangéliques s’intitulent « Église protestante évangélique » c’est pour bien marquer leur lien et leur attachement à l’identité protestante historique.
Cette fidélité aux principes du protestantisme permet de distinguer les Églises évangéliques d’églises qui se baptisent abusivement « évangélique » sans appartenir au protestantisme évangélique. Lorsque dans un groupe la parole du « pasteur-gourou » compte plus que la Bible, que le marketing remplace la simplicité évangélique et que le credo s’éloigne de l’exemple de Christ et promet richesse et santé… il ne s’agit certainement pas d’une église protestante évangélique. Il serait regrettable de faire la confusion. Les instances régulatrices comme la Fédération Protestante de France, la Fédération Évangélique de France, l’Alliance Évangélique Française et le Conseil National des Évangéliques de France, jouent dans ce domaine un rôle important.
Qu’elles sont les racines de la foi évangélique ?
L’Église chrétienne du premier siècle était « évangélique » sans en avoir l’appellation. Fondée par les apôtres du Christ, il y a près de 2 000 ans, elle s’est basée sur l’enseignement de Jésus formulé dans les évangiles. Celui-ci s'ajoutera, avec les écrits des apôtres, à l'Ancien Testament pour constituer la Bible.La prépondérance de la Bible et la mise en pratique de l'Évangile caractérisent l'Église du premier siècle, comme les Églises évangéliques d'aujourd'hui. Évidemment, les évangéliques sont conscients qu’ils n’ont pas le monopole de cette filiation.
Comment a-t-elle évolué au Moyen Âge ?
Après la mort des apôtres, l'Église continue à s'étendre, menacée par des hérésies. Les Pères de l'Église s'efforcent de restaurer la fidélité biblique. Cependant, au fil des années, certaines pratiques ecclésiales étrangères au Nouveau Testament sont introduites. Constantin le Grand et ses successeurs établissent un empire romain « chrétien » qui facilite l'intrusion de pratiques païennes dans l'Église. Au fil des siècles, des hommes et des femmes, attachés au message originel de la Bible, tentent de repousser les traditions extra-bibliques. Parfois, ils appartiennent à l'Église catholique romaine, parfois ils sont marginalisés et persécutés comme Pierre Valdo, Jan Hus, Jérôme Savonarole et tant d'autres.Comment sont nées ces Églises.....
Comment sont nées ces églises appelées aujourd'hui "protestantes évangéliques" ?Au 16e siècle éclate la Réforme protestante avec Martin Luther en Allemagne, Calvin en France et Zwingli en Suisse... Elle résulte principalement d’une redécouverte de la Bible qui se propage en Europe grâce à l'imprimerie. Pour des millions d'hommes et de femmes, les Saintes Écritures redeviennent l'unique et souveraine autorité spirituelle. Au même moment, la Réforme dite « anabaptiste-mennonite » prend naissance parmi de jeunes intellectuels protestants à Zurich, en Suisse. Celle-ci développe une vision de l'Église séparée de l'État et invite à un engagement de foi personnel. En 1609 est créée la première Église évangélique baptiste à Amsterdam. C’est de l'évolution de ces différents courants historiques que sont nées les Églises protestantes évangéliques d'aujourd'hui.
Le temps des Réveils
Au 17e siècle, le courant évangélique se développe sous l’influence de personnalités comme J. Spener, de Ribeauvillé (Alsace), prédicateur à la cathédrale de Strasbourg puis pasteur à Francfort-sur-le-Main ou le comte Zinzendorf, fondateur de l’Église des frères Moraves. Le Réveil protestant dit « piétiste » a exercé une influence considérable sur les Églises luthériennes et réformées. Au 18e siècle, John Wesley un ancien pasteur anglican qui se convertit en 1738 de tout cœur à Jésus-Christ, lance le Réveil dit « méthodiste » qui aura un impact spirituel et social considérable en Angleterre, et plus modeste, en France, en Bretagne… Si ces mouvements adoptent des noms nouveaux, ils cherchent néanmoins à valoriser les valeurs bibliques et typiquement « évangéliques ». Au 19e siècle, un effort missionnaire important précédera l'apparition des Églises évangéliques libres, des Assemblées de Frères et, au 20e siècle, des Églises pentecôtistes et charismatiques.Pourquoi les Églises évangéliques si anciennes....
Pourquoi les églises évangéliques si anciennes, ne sont-elles pas plus nombreuses en France ?À la différence d’autres pays, la France n’a pas connu de liberté religieuse avant la Révolution. Jusqu’en 1905, date de la loi de séparation des Églises et de l’Etat, établir une église évangélique était particulièrement difficile. Il ne faut pas oublier qu’à la suite de la révocation de l’édit de Nantes, en 1685, la France n’a reconnu, pendant près d’un siècle, qu’une seule religion, le catholicisme. Des milliers d’évangéliques ont alors péri, fui en Suisse, en Allemagne, au Pays-Bas et en Amérique. Des facteurs internes ont également freiné ponctuellement leur développement : une propension au repli sur soi, un complexe minoritaire, une certaine distanciation par rapport à la société et ses préoccupations.